Photo de Chasseur de temps (foupix.com)Une prose qui enjambe le cours tumultueux des pensées pour faire émerger - du tourbillon silencieux des questions - des points d'exclamation, ou bien de suspension.

 

C'est qu'on ne peut vivre bien que de curiosité, d'espoir et d'émerveillement !

 

La flamme du désir, un jour, ne peut plus s'embraser dans le su, le connu, tout ce passé déjà vécu ; peu à peu elle s'y étoufferait, pour finir par s'éteindre....

Il en faut plus.

Il en faut encore.
Il en faut plus intensément !

 

Seulement les mots doivent cheminer sur un chemin baigné de vive lumière, de lumière crue, couvert de tapis d'or. Tel les allées des forêts, flamboyantes dans l'éclat de l'été indien.

 

Ces jours où le Soleil s'agrippe encore à la belle saison, pendant que les feuilles des arbres ne cessent de vivevolter avant de s'échouer, vaincues, sur la terre mouillée.

 

Comme des traits d'aquarelle brossés sur une toile d'azur pâle, des lames couleur rose-orangé, virant parfois au rouge sang, se superposent.

Sur les collines de l'autre rive - en ces fins de journées parsemées de reflets d'étoiles - le regard daignant s'attarder peut déceler, et la poésie et la féérie. Et l'oreille se réjouit du chant des oiseaux !

 

Nature pourtant, exténuée de son dernier printemps puis de ses fournaises d'été, pudiquement se dénude ; nature, de trop d'ivresse devenue sage, accueille patiemment l'ère du dépouillement.

 

A chaque saison ses ensorcellements, ses passions, ses vaines interrogations et ses rêves d'à venir.

 

Lorsqu''il se pare de ses atours indiens, automne est enveloppant et fascinant.

L'esprit de l'Homme s'entête en été alors que son corps, déjà, revêt les premières couches de laine sur les maillots de coton.

Automne étend ses bras de chaque côté du fleuve. La main gauche caresse le souvenir des fêtes légères alors que la droite s'étire vers le feu crépitant, les visages amis, les âmes qui rassurent.

 

On aimerait rester ainsi, longtemps, dans cet entre-deux où l'audace est encore de mise.

 

Mais automne avance d'un pas décidé. L'aube devient coton et les soirées glacées, dans les vents qui soufflent du nord.

 

Bientôt l'hiver sera là, avec néanmoins ses élans, ses beautés et ses intimités. On verra d'autres horizons, on écoutera d'autres sons, on chantera des chansons et, exalté de frissons, on s'inventera de nouvelles exclamations, pour tenter de répondre aux questions, finalement ponctuées d'autres signes en suspension.