Falaises côtières entre Cassis et Marseille 7/7Il faudrait toujours, dans la vie, pouvoir admirer du beau, s'en remplir, après avoir été vidé de trop s'imprégner de laideur. Il faudrait pouvoir s'accorder des temps de vives lumières, de couleurs irrisantes et d'odeurs suaves, nonchalantes, après avoir connu des mois glacés, anthracites, où ne flottait d'autre parfum que celui d'une angoisse muette et profonde. Il faudrait pouvoir respirer, s'agrandir de plaisirs, irradier de désirs, après avoir effleuré le sentiment du potentiel souffle ultime, éprouvé sa petitesse d'Homme – vanité, impuissance – s'être senti peu à peu sombrer dans le nihilisme.

 

Il faudrait pouvoir se réinventer.

Il faudrait pouvoir redécorer sa vie.

Il faudrait pouvoir attendre quelque chose.

Il faudrait pouvoir regarder ses pieds cheminer sur le sentier.

 

Il faudrait pouvoir se sentir léger, telle une plume qui danse dans les vents d'un octobre flamboyant.

 

Il faudrait réapprivoiser l'espoir.

L'attraper au loin, cet espoir – quel qu'il soit – l'enserrer dans un fluide écrin de soie et le suspendre à son cou, tout près du coeur ; le surveiller d'un oeil bienveillant, l'arroser, lui parler, lui tenir chaud, le faire grandir encore.

Il faudrait en semer le long des allées, des petites graines d'espoir, aussi petites que celle qui donnera le séquoïa.

Oui ! Il faudrait les aider à germer et s'enraciner avant que les vents ne les dispersent.

 

On se demande aujourd'hui si de telles semences auront le temps, l'espace, le climat nécessaires pour espérer s'épanouir, dans quelques cent cinquante ans, en un nouvel arbre adulte encore plein de promesses...

 

Mais Mr Trump – paraît-il – s'adonne à quelques ferventes prières.

Ah ! Serions-nous donc ainsi sauvés de la désolation ?!