Miniature persane

Il est là, juste à-côté. Elle peut voir dans son regard, entendre dans sa voix, le désir s'élargir.

Elle sait déjà, elle le sent, qu'elle ne pourra pas résister. D'ailleurs pourquoi tendre à cela ?

Alors qu'en elle, une faim bout, surpassant tout autre tourment.

Corps qui s'emmêlent. Les yeux, puis les doigts et les langues. Elle se souvient...

 

Dans l'alcôve de sa couche, bientôt, voici les corps nus peau à peau allongés.

Les souffles raccourcissent, les mots murmurent maintenant.

Les yeux mangent les pleins, les courbes, les déliés. Jambes enlacées. Baisers partout posés.

Voici les amants dévorés par un embrasement intime. Manège. Sortilège.

 

Bientôt plus de murmures, mais des gémissements. Sourires. Plaisir qui se tend.

Comme des présents échangés, mutuellement ils se donnent. Leurs corps se font offrandes.

Visages empourprés, pieds et mains noués dans un semblable élan. Sexes qui s'oublient, voluptueux instant.

Caresses, tendresse, liesse, hardiesse, impérieux flamboiement. Sont-ce eux, ou la chambre, qui tournent ? Le lit, les draps froissés s'envolent.

 

L'onde du plaisir longtemps ouvragée, habilement guidée, les inonde enfin. Glorieux jaillissement.