KLIMT,

Deux corps de femme minces, longilignes
Glissent, ondulent et l'eau leur fait écrin
Une nudité étrange et indigne
Est leur seul voile depuis ce matin.

Leur nage est une danse étourdissante,
Elles s'éloignent et se rapprochent, ondines ;
Elles s'effleurent et se font caressantes,
Puis, enlacées, elles tournoient, lutines.

Leurs rires et leurs baisers soudain s'enragent
Deux mains courent vers les entre-cuisses,
S'y posent, s'y meuvent, rendant leurs hommages
Aux belles fleurs mouillées qui refleurissent.

Le maître dans un coin sourit, heureux
De voir ses jolies esclaves en scène.
Monte en lui un désir plein, furieux,
D'aller leur faire subir quelques peines.