degas

Zoom : la femme est nue, un corps pâle, bras en l'air.
À ses poignets des menottes bien ajustées,
À ses chevilles de larges anneaux de fer,
Une maîtresse se tient de chaque côté.

Deux déesses de cuir encadrant l'objet blanc
Soudain, contre le marbre, font claquer le fouet.
L'objet aux allures de femme, maintenant
Tremble un peu puis frémit, mais demeure muet.

Ventre rentré, sexe rasé et reins cambrés,
Au centre de la pièce, cagoulée, debout,
Avec pour seuls atours ses bas blancs déchirés,
Pauvre chose, néant, et pourtant elle est tout.

Orgueilleuses maîtresses tournent autour et, fière,
L'une s'approche, caresse un sein, écarte un pied
Trop près de l'autre, et à l'oreille de concert
Susurrent à l'objet blanc tout ce qu'elles comptent en faire.

L'autre grâce de cuir, ensuite, lentement,
Dénoue la corde qui suspendait les poignets,
Puis ordonne : "Allonge-toi docilement,
Dos contre terre ; sois prête à exaucer nos souhaits !"

La femme s'exécute ; la voici allongée.
Un talon aiguille se pose sur sa joue.
On lui ouvre la bouche, ordonne de lécher.
"Elle est prête - entend-elle - à recevoir nos coups."