Caspar David Friedrich, Le Voyageur au-dessus de la mer de brume, 1818Ainsi est-il certainement à Reykjavik à présent ; à moins que ce ne soit Stockholm...?
Elle s'interroge puis finit par se dire : "qu'importe."
Il est ici... Et puis le voici là l'instant d'après.
Elle lève les yeux vers le ciel et regarde passer dans le loitnain les immenses oiseaux blancs qui fendent l'azur. Elle se demande si celui-ci l'emporte, quand celui-là le ramènera...

Elle l'imagine. Il n'y a pas d'arrêt sur image possible. Une sorte de flou artistique fragmente le mouvement, à l'infini.
Elle l'imagine. Toujours un pas prêt à s'élancer vers l'avant. Encore le pied qui se pose sur un autre palier déjà devenu familier. Toujours le corps entre deux portes et l'esprit occupé à réactualiser ce qui l'environne.
Elle l'imagine... Les traits tirés par la fatigue des vols qui se succèdent, des miles qui s'additionnent. Il s'efforce néanmoins de sourire ; il fait bonne figure comme on dit.
Elle l'imagine et voyage en pensées. Elle tend l'oreille vers ces langages étrangers qui bourdonnent autour de lui, essaie de comprendre... De quoi se préoccupent-ils, ces Hommes de là-bas ?
Elle l'imagine et cela lui pince le coeur de le sentir si las. Elle tente de déchiffrer les mots qu'il tend à d'autres et la voici émue, encore... Elle sait qu'il irait bien s'allonger, là, tout de suite, pour s'engloutir enfin dans un sommeil sans fond, mais il est là, debout, à lancer des plaisanteries pour esquisser des liens légers dans un sourire.